Compte-rendu : Défi technique du busard

  • Par martin-c
  • Le 14/06/2013
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Voici un résumé sous forme d'article du raid que le Busard a effectué du 7 au 9 juin dans le massif des alpilles pour son défi technique, article destiné à la parution de "scout d'europe" dans le cadre du défi "patrouille cime".


Vendredi 7 juin : de Lamanon aux Grottes de Calès

Construire un abri, monter au sommet d’un mont avant d’y réaliser un repas trappeur, suivre un tracé à l’azimut tout cela au cours d’un raid de 33km, voilà le challenge qui nous attendait. Il est 7h et la patrouille commence à se rassembler devant le parvis de l’église de Lamanon, les sacs sont lourds et la fatigue se ressent déjà chez certains en cette heure quelque peu tardive.

Sac au dos et après y avoir soigneusement réparti l’intendance, nous commençons à monter la pente raide qui nous mène aux grottes de Calès. La montée s’effectue sans souci et nous ne mettons que peu de temps à parvenir aux grottes, vestiges de l’antiquité. Là, nous gravissons les sommets pour profiter de la vue et d’un très beau coucher de soleil. Mais bien vite, l’enjeu change car il faut trouver un endroit propice à la construction de notre logis. Le tout étant de concilier notre objectif avec le cadre qui s’offre à nous, nous décidons d’aménager une grotte en abri.

Commence alors un chantier pour barricader l’entrée de la grotte, et pendant qu’Antoine et moi-même nous chargeons de fabriquer le squelette de la construction, le reste de la patrouille s’affaire à amasser suffisamment de branchages. De leur côté Pierre et Gauthier préparent au buta le premier repas que nous allons partager. La suite s’effectue non sans effort mais bientôt les pâtes sont cuites et la pause arrive à point. Mais pour autant c’est dans la hâte que nous reprenons nos travaux car déjà le crépuscule approche, nous étoffons alors notre abri avant de définitivement nous arrêter, jugeant la construction terminée. Nous faisons alors notre possible pour nous serrer en long dans la grotte et passons un joyeux moment de détente en patrouille à jouer, rire et chanter.

Samedi 8 juin : Des grottes de Calès à la tour des Oppies

C’est aux alentours de huit heures que nous nous levons le lendemain après une nuit relativement calme. La perspective d’une longue journée de marche nous pousse à nous dépêcher de lever le camp, en effet une vingtaine de kilomètres nous sépare de la tour des Oppies où nous allons passer la nuit. Une fois la vaisselle faîte, le rangement de nos affaires effectué et après avoir éliminé toute trace de passage  -excepté notre abri- nous reprenons la marche. Alternant sentier et chaussée bétonnée le raid se poursuit sans anecdote jusqu’à onze heures environ et l’approche du Château de la Reine Jeanne.

 Après nous être pourtant écarté du trajet initial nous apercevons à nos côtés la magnifique ruine qui se trouve à une centaine de mètres de notre position. Nous coupons donc à travers le terrain vague et quelques ruches pour mieux la rejoindre. Nous y faisons d’abord halte pour prendre quelques photos au milieu des ruines en souvenir de notre raid, et prenons ensuite congé à l’intérieur même de ce qui devait être une ancienne salle du château, pour prendre cette fois-ci un repas bien mérité. Je profite au passage de la vue pour repérer la suite du trajet ; je peux même apercevoir du château, la silhouette de la tour des Oppies, notre future étape pour la nuit, culminant à 497 mètres au sommet des montagnes.

Sans trop nous attarder nous reprenons la route tandis que la pluie s’immisce dans notre journée, jusqu’ici ensoleillée. Après quelques minutes de marche l’orage nous oblige finalement à nous abriter dans une grange où nous attendons, un peu découragés, que la pluie cesse. Une demi-heure plus tard et malgré quelques gouttes persistantes nous décidons de reprendre la départementale que nous suivions et le trajet se déroule alors sans souci. Pour briser la monotonie de la route nous nous prenons à inventer quelques couplets relatant notre raid sur des airs coutumiers de la troupe. Les bornes défilent et bientôt nous trouvons non sans péripétie la bifurcation qui nous mène dans les vallons, heureux de la tournure du raid nous ne tardons pas à nous arrêter. Il est cinq heures passé et la collation arrive à souhait. C‘est plus sereinement que nous envisageons la suite, ne perdant plus de vue le refuge, qui lui, grossit à mesure que nous nous enfonçons dans la vallée. Nous suivons maintenant un sentier sinueux mais régulier, et alors que nous avions pris un rythme de marche plutôt élevé, les jambes commencent à se faire lourdes et la pente de plus en plus raide. L’ascension finale est rude mais nous sommes dans les temps, nous grimpons doucement jusqu’au sommet.

L’effort en valait sûrement la peine puisqu’à l’arrivée c’est une vue magnifique qui s’offre à nous sur le massif des Alpilles ainsi que sur tous les environs. Nous nous installons alors dans le refuge ; il n’est pas très grand mais nous suffit amplement. Notre première mission est d’amasser suffisamment de bois pour entretenir le feu toute la soirée et garder quelques braises pour la nuit. Ensuite, nous tentons de boucher les ouvertures de l’abri, car en haut, le vent souffle fort. Cela fait, Pierre et moi allumons un grand feu dans l’âtre du coin du refuge pour disposer de suffisamment de braises pour le repas. Pendant ce temps-là il faut commencer à préparer tous les ingrédients et ustensiles nécessaires à notre repas trappeur ; ainsi, alors que Gauthier et Martin s’occupent de la préparation du pain, Tanguy et Florian fabriquent des piques pour faire des brochettes, ainsi que des « couteaux » en bois pour découper les différents ingrédients. Bientôt, tout est en place : la viande et les légumes cuisent sur une pierre posée sur les braises, le pain enroulé sur une broche se dore doucement tout comme les pommes de terres coincées entre les braises. Nous pouvons alors commencer notre repas digne d’un « concu », en effet celui se révèle être particulièrement savoureux. Après avoir pris notre dessert nous achevons notre soirée autour du feu en compagnie de quelques marshmallow grillés…

 

Dimanche 9 juin : de la tour des Oppies jusqu’à la fin du raid.

Le lendemain nous nous levons aux alentours de huit heures et demie, et, quelques peu fatigués, nous nous dépêchons de ranger nos affaires car nous avons rendez-vous à la messe à Eyguières à six kilomètres d’ici pour onze heures. De plus certains randonneurs matinaux commencent à se manifester près de la « tour », nous prenons donc un bon mais rapide petit déjeuné et nous rassemblons dehors après avoir laissé le lieu tel que nous l’avions trouvé. Malgré la brise, la douceur du matin met la patrouille de bonne humeur et nous descendons sereinement du sommet de la montagne. Au premier carrefour nous prenons la direction opposée à celle par laquelle nous sommes venus pour nous diriger vers Eyguières. C’est au moment où nous arrivons près de la départementale que nous commençons à manquer d’eau, sûrement un des rares points noirs du raid, nous tenons tout-de-même bon jusqu’à l’église où nous arrivons de justesse pour la messe. Elle nous permet de prendre un certain repos spirituel et de passer un temps à méditer et prendre un peu de recul sur notre raid. Celle-ci terminée nous pouvons envisager la suite plus sereinement d’autant qu’à sa sortie, un apéritif offert par les paroissiens nous permet de nous revigorer aussi physiquement.

 Il nous reste alors quelques kilomètres à parcourir et nous reprenons donc notre itinéraire. Nous effectuons une centaine de mètres à la sortie du village avant de nous arrêter et prendre un pique-nique aux alentours de treize heures trente. C’est à partir de ce point-là que je prends note de l’azimut en direction de la ville d’Aureille où nous devions finir notre raid, mais c’est aussi à cet instant là nous croisons un randonneur, ancien éclaireur, heureux qu’on puisse encore témoigner de la vigueur d’un mouvement qui a fait sa jeunesse , nous prenons alors un peu de notre temps pour discuter avec lui. Suite à cette agréable rencontre nous commençons à suivre l’azimut mais finalement le terrain difficile et peuplés d’arbustes mêlé au retard que nous avons pris nous pousse à reprendre le GR afin de gagner du temps. Peu avant quinze heures - heure de rendez-vous initial – nous réalisons que nous allons devoir écourter le trajet car nous allons être trop juste pour rejoindre Aureille et que les parents sont déjà partis nous chercher. Nous fixons donc un nouveau point de rendez-vous et le raid se termine vers quinze heures entre Eyguières et Aureille.

Notre défi technique fût évidemment un temps fort de l’année où pour une fois nous avons voulu en faire d’avantage qu’à l’habitude. Et, en plus d’avoir été un très beau moment en patrouille, je pense que nous avons tous pu y apprendre quelque chose.


Martin, CP du Busard

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